Hans Krasa
Brundibar

Fin 98-début 99, l'ensemble Musica à repris l'opéra Brundibar de Hans Krasa.

L'argument

Deux enfants, Pepifek et aninka, cherchent un moyen de gagner de l'argent pour acheter du lait à leur mère malade. Ils décident de chanter la sérénade dans la rue, mais Brundibar, l'horrible joueur d'orgue de barbarie, fait plus de bruit qu'eux et, aidé d'autres adultes, les chasse. Les animaux et les écoliers décident alors d'aider les deux enfants, et tous ensemble réussissent à attraper Brundibar. " c'est la victoire, nous sommes vainqueurs, l'infâme tyran est détrôné "


L'œuvre musicale

" Brundibar nous montre clairement à quoi doit ressembler un opéra contemporain de dimensions réduites. Il montre également comment il est possible de concilier les exigences du goût artistique, l'originalité de la conception, la présentation de personnages de notre temps, avec une musique totalement convaincante.
Le thème de l'opéra peut combler les enfants ainsi que les adultes. Il s'agit d'un conte moral, qui évoque les contes de fées des temps anciens. Son écriture vocale est assez simple dans les ensembles, mais se révèle beaucoup plus complexe dans les duos ou les trios. L'équilibre dynamique est parfaitement organisé entre la douzaine d'instruments réunis et les trois douzaines de chanteurs. Brundibar possède également une couleur nationale, purement tchèque, l'écriture de Kraza n'ayant que fort peu recours aux expérimentations les plus modernes dans lesquelles le compositeur excelle par ailleurs. Cet ouvrage est un modèle d'équilibre entre les effets qui proviennent soit de la fosse, soit de la scène.
L'orchestre est utilisé avec goût et mesure, et la ligne de chant n'est jamais oblitérée ni atténuée par les divers instruments. Dans cette oeuvre conçue par un esprit sérieux et cependant si agréable à entendre, l'idée et la forme, la pensée et la réflexion, la conception et l'exécution se fondent en un mariage des plus heureux. Qu'il soit possible de la représenter de façon modeste ou ambitieuse, qu'il s'agisse d'une oeuvre lyrique ou orchestrale, d'un ouvrage choral ou d'un opéra proprement dit, peu importe, on ne saurait se montrer trop élogieux à l'égard d'une telle oeuvre d'art. "

Extrait de The jews in Czechoslovakia